Top ciné 2015

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1- Mad Max Fury Road
Tout est dans le titre: le truc le plus dingue vu sur un écran depuis Speed Racer. Du cinéma-balistique à l’état pur.

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2- Inside Out
Ils sont sympas chez Pixar: ils fournissent le crève-coeur et le pansement qui va avec.

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3- Sense 8
Cherchez pas: tout ce que notre époque a de plus beau à offrir se trouve dans cette oeuvre-monde.

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4- The Visit
En un film aussi malin que virtuose, Shyamalan met à l’amende 20 ans de cinéma d’horreur américain. La classe.

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5- Bridge of Spies
Le niveau de maîtrise tranquille auquel est parvenu Spielberg est proprement ahurissant.

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6- The Walk
Vertige de la création, grandeur des rêveurs: Zemeckis peut partir tranquille, il tient son film-testament.

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7- Aloha/The Rewrite
Sans doute les films les plus fragiles, les plus pudiques, donc les plus précieux de cette année. À chérir.

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8- Star Wars: The Force Awakens
Le Voyage de Télémaque de J.J. Abrams. Complètement méta, donc passionnant de bout en bout.

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9- Mi5
Aux côtés de Furiosa et Rey, Ilsa Faust aura incarné mieux que personne le coup d’état féminin sur le cinéma d’action américain.

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10- Creed
Le film-miroir de Rocky Balboa. Un mythe s’éteint sur la pointe des pieds en portant sa descendance sur les épaules. Bouleversant.

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11- FF7
FF7 n’est qu’un grand geste pour garder Paul Walker en vie. Le seul actioner hanté par l’âme d’un ami.

Star Wars: The Force Awakens

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De l’Odyssée, l’imaginaire populaire n’a retenu que le périple d’Ulysse pour retrouver Ithaque. Mais en réalité, c’est sur un autre voyage épique que s’ouvre le poème d’Homère: celui du jeune Télémaque qui prend la mer pour retrouver son père. Le fils d’Ulysse est en fait le grand oublié de la mythologie. Même Pénélope, archétype de la mère-courage et de la femme fidèle, est mieux inscrite dans les mémoires que lui. Et pour cause: Télémaque a grandi sur Ithaque sans figure paternelle, entouré de sa mère et de ses suivantes, dans l’ombre tutélaire d’un père parti guerroyer aux confins de la Méditerrannée. Il est le fils d’un héros qu’il ne connait pas. L’héritier d’une légende dont tout le monde attend le retour. Se lancer à la recherche de son père, c’est donc pour lui un moyen de chasser le mythe, mais aussi de construire le sien.

Vous me voyez venir. À tout point de vue, dans ce qu’il dit comme dans ce qu’il sous-entend, The Force Awakens c’est le Voyage de Télémaque revu et corrigé par JJ Abrams. Comment passer après? Assumer un héritage? Devenir et pas seulement être? Ce rapport au passé, aux pères, à un hypothétique âge d’or hante tout le cinéma d’Abrams. Il faisait la douce beauté de Super 8 et le post-modernisme de ses Star Trek. Il fait de ce Star Wars, si ce n’est le plus bel épisode de la saga, du moins l’un des plus passionnants.

On a beaucoup raillé les lens-flare dont use et abuse le cinéaste, ces flash lumineux qui envahissent ses plans sans raison apparente. Mais bien peu ont cherché à les expliquer vraiment, à les éclairer de ce qui a toujours été l’obsession d’Abrams: dialoguer avec la mythologie. Ces rémanences lumineuses apparaissent alors sous un autre jour, comme la lumière fossile de tous les films qui ont précédé. Si Abrams a renoncé à sa signature visuelle sur ce Star Wars, il en a étendu le principe à la narration: contrairement à ce qu’on a pu lire ailleurs, l’épisode VII n’est ainsi pas un remake de l’épisode IV, mais la régurgitation désordonnée de TOUTE la saga, une catharsis filmique en forme de gigantesque mashup. BB8 y est évidemment la version digitale de R2D2. Jakku ressemble comme deux grains de sable à Tatooine. La nouvelle Étoile Noire, c’est la végétation d’Endor plus le climat de Hoth. La séquence de la passerelle renverse clairement le finale de l’Empire contre-attaque. Sans parler de ces icônes ou personnages de la trilogie originelle qui débarquent au détour d’un contre-champ ou d’une porte qui s’ouvre. The Force Awakens est un constant crépitement, un robinet d’images et de sensations qui coule de la poche percée de nos souvenirs.

Cette impression de déjà-vu serait problématique si le film n’en faisait rien. Si Abrams ne la théorisait pas. Dans les mains d’un autre, l’exercice aurait sans doute tourné au fan-service, au plaisir régressif de la redite, à la sacralisation de figurines du passé. Dans celles d’Abrams, c’est un moyen de fermer le ban: Star Wars VII n’est pas un hommage ou une résurrection, mais un passage de témoin. Ce n’est pas un film fait pour les fans, mais contre eux. Le mitraillage tous azimuts de références est ainsi une manière détournée d’en finir, de tourner la page une bonne fois pour toutes, un peu comme un gosse qui jouerait avec ses jouets préférés pour la dernière fois. Voyez comment la destruction des planètes de la République permet de se débarrasser en quelques plans des derniers oripeaux de la prélogie. Ou comment le meurtre presque anecdotique de Han Solo permet à Abrams d’assassiner le père qu’on aurait tous voulu avoir en même temps que le coeur secret de la première trilogie. Un “film doudou”, vraiment?

Oui, il y a quelque chose du dernier Indiana Jones dans l’embarras qu’on ressent à retrouver Han et Leia. Un peu comme lorsqu’on découvre que nos parents ont pris un sacré coup de vieux. Le déjà fameux “We’re home” lancé par Han en pénétrant dans le Faucon ne doit donc pas être entendu au sens premier, mais plutôt comme un terrible désaveu: 30 ans ont passé, le monde a changé, mais Han n’a pas bougé d’un iota. Pire: il a régressé, et tout un mythe avec lui. The Force Awakens c’est le constat d’échec d’une génération. On l’avait laissée il y a 30 ans au sommet de sa gloire, sur une victoire totale contre l’Empire. On la retrouve plus dispersée et faible que jamais. Luke a échoué comme Obi Wan avant lui. Han et Leia ont enfanté un monstre. Les pères symboliques ont démissionné en fuyant aux confins de la galaxie. L’ordre Jedi s’est quasiment éteint, la Force est redevenue une obscure légende. Le glorieux Faucon Millenium pourrit dans une simili décharge et ne fonctionne toujours pas. Bref, le mythe a mordu la poussière. Et c’est la nouvelle génération qui vient le relever.

Par une drôle de coïncidence, j’ai découvert le film à peu près en même temps que l’atterrissage vertical réussi par Space X. Ces deux événements partagent un point commun qui est aussi un signe des temps: ils sont l’oeuvre de Télémaques. Autrement dit de la descendance des héros. J.J. Abrams comme Elon Musk ont grandi dans l’ombre et l’admiration des hauts faits de leurs pères symboliques: le Nouvel Hollywood pour l’un ; la Nasa pour l’autre. Mais contrairement à la génération précédente, ces Télémaques ne souhaitent pas la mort des pères, ils cherchent désespérément leur présence, leur approbation. Il faut voir cette interview bouleversante d’Elon Musk, patron de SpaceX et multi-milliardaire à succès, qui se retient d’exploser en larmes lorsque le journaliste lui rappelle les critiques de la Nasa à son encontre. Que lui reprochent ses héros d’enfance au juste? De privatiser la conquête spatiale, autrement dit de faire de l’argent, quand lui ne rêve sincèrement qu’à prolonger leur oeuvre et leurs rêves. Le parallèle avec le nouveau Star Wars est évident: tous les gardiens du temple tombent sur Abrams en l’accusant de mercantilisme aveugle, alors que toute sa carrière démontre non seulement sa déférence, mais surtout une conscience aiguë de son statut post-mythologie.

C’est à cette aune qu’il faut interpréter les actions et les mots de Rey. Elle cherche l’approbation de ses pères symboliques, veut lire de la fierté dans leurs yeux. Et toute à son admiration, elle ne se rend même pas compte qu’elle les dépasse déjà. Ce n’est pas un hasard si elle parvient à réparer le Faucon, chose dont Han et Chewie n’ont jamais été capables en plusieurs décennies de pilotage. Ce n’est pas un hasard non plus si elle maîtrise la Force plus vite que quiconque. Abrams travaille à rendre leur fierté à tous les Télémaques, leur dire, comme dans le dernier Pixar, “Vous êtes vos pères et plus encore”. C’est à cette aune aussi qu’il faut lire le dernier quart d’heure du film, sorte de grande main tendue à travers l’espace-temps. Tout le film converge vers cette scène, sublime, d’une carte complétée par deux générations de robots, d’un chemin vers le mythe tracé à deux mains (ou plutôt deux projecteurs). Après deux heures passées à s’ébrouer, à se débarrasser de l’héritage encombrant du passé, le film se tourne finalement vers l’avenir et file vers cette dernière image qui n’a pas été assez soulignée: celle de Rey rendant son sabre laser à Luke Skywalker. Mine de rien, pour la première fois de toute la saga, ce n’est pas le père qui transmet le flambeau au fils, mais bien la descendance qui le tend au mythe. Un geste beaucoup plus complexe qu’il n’en a l’air, qui peut sonner à la fois comme un appel à l’aide, une manière de rappeler le père à ses responsabilités, mais aussi comme un spectaculaire renversement des rôles: « On a besoin de toi, mais on va jouer ça à ma manière. »

Est-ce à dire que la clé de cette nouvelle trilogie sera dans la réunification des générations? Que ces retrouvailles avec le mythe résoudront le noeud du drame de Rey, enfant abandonné par ses parents sur une lointaine planète? Rien n’est moins sûr. Il y a même des chances pour qu’il le noue plus fort encore. Le court flashback qui transperce le film, ces visions traumatiques de Rey en orpheline interstellaire et d’un Luke aux airs maléfiques, font planer des relents de tragédie grecque sur tout ça. Quitte à jouer les oracles de mauvaise augure, il ne serait pas surprenant que Luke soit en réalité directement responsable des malheurs de la jeune fille. Que ce mythe qu’elle admire tant l’ait brisée en l’éloignant de sa destinée. Au-delà du suspens parental qui nous importe assez peu (Rey est-elle une Skywalker?), c’est la symbolique de cette trahison, la transubstantiation du guide en malédiction, qui serait littéralement renversante. Compte tenu de la quête d’émancipation au coeur du film et des obsessions d’Abrams, cette trajectoire aurait une vraie cohérence artistique… mais aussi une puissante résonance mythologique. Dans l’une des versions du Télégonos qui relate les événements postérieurs à l’Odyssée, on apprend ainsi qu’Ulysse serait finalement devenu paranoïaque. Convaincu par une prophétie qu’il mourrait de la main de son fils, il aurait même pris une décision radicale, une décision qui rappelle la trajectoire de Rey: l’ancien héros a choisi d’exiler son fils Télémaque sur une île lointaine.

To be continued…

 

Julien Abadie

The Good Dinosaur

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«You are me and more.» On peut chérir des films pour un plan, pour une seconde, pour un champ contre-champ. On peut les aimer malgré leurs défauts, malgré leurs ambitions mineures, parce que cette seconde les porte tout du long. The Good Dinosaur est de cette espèce rare. Derrière sa narration en ligne droite qui tranche avec le brio conceptuel des derniers Pixar, ses enjeux rachétiques et sa simplicité de surface, cette merveille animée est portée par un souffle intérieur d’une incroyable puissance. Pas celui de l’aventure ou du mythe, mais celui de la filiation, de l’obsession d’être à la hauteur et surtout au-delà. De là, la tristesse insondable de ce film, qui ne parle que de mort, de perte, de séparation, d’abandon, de responsabilité… Car son message n’est pas de devenir l’héritier comme dans le Roi Lion, autrement dit de ressusciter le père, mais au contraire de refuser de suivre ses traces, de lui tourner le dos pour s’accomplir (l’une des dernières scènes, bouleversante, le dit doucement). Ce «You are me and more» lancé par un père trop grand à un fils obligé de lever la tête, doit finalement s’entendre comme une promesse: le dernier Pixar va faire exactement comme Arlo: il va grandir.

The Walk

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N’allez pas voir The Walk. C’est stupéfiant de candeur. Trop lumineux pour une époque qui a décidé de pendre l’incrédulité plutôt que la suspendre. Les âmes y sont belles, les rêveurs grandioses, le spectacle forain et le film littéralement expérimental. Derrière ce grand barnum coloré et vertigineux, c’est aussi l’oeuvre-testament de Zemeckis, une manière de célébrer son idée du cinéma, celui des architectes qui font des rêves trop hauts et des techniciens qui les construisent d’en bas. À une époque qui a peur de son ombre, il célèbre le défi dans ce qu’il a de plus pur, autrement dit de plus grand et de plus intime. Le héros refuse de se sécuriser sur son câble parce qu’on n’assure pas un rêve. Sa ligne de vie, il marche dessus. Et c’est beau à pleurer, à trembler aussi. The Walkpasse finalement son temps à dire merci, à saluer les artistes et la foule, le spectacle et ceux qui le regardent, les rêveurs et ceux qui les aident. À tout point de vue, c’est un film sur -et pour- la beauté du geste, un exercice d’équilibriste qui culmine dans cette réplique absolument bouleversante: «Même les tours ne sont plus les mêmes… Je crois que tu leur as donné une âme».

The Walk n’est pas de son époque. Je vous aurai prévenu.

Julien Abadie

Mad Max: Fury Road

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Il y a bien sûr le shot d’adrénaline pure. Un truc que j’avais peut-être pas ressenti depuis Speed Racer et son finale abstrait. On sort de Fury Road foudroyé par sa puissance cinétique, sidéré par sa monstruosité harmonique. Le cadrage et le découpage font littéralement le film, ils mâchent et malaxent sa folie pour lui donner corps, ils sculptent dans la tôle et la chair une flamboyante cathédrale bio-mécanique. Le résultat est un exemple de mise en scène totale qui convoque tous les genres, brassent toutes les mythologies, et laissent crépiter en arrière-plan, entre les tôles froissées et les hurlements d’horreur, quelque chose qui ressemblerait à l’Histoire des Hommes.

Il y a bien sûr ce changement de focale inédit dans la saga. Cette trahison qui consiste à faire de Max un autiste fini, à le réduire au simple rôle de catalyseur, de faire-valoir, et à rendre aux femmes leur dignité v(i)olée. Avec le personnage de Furiosa, le film prolonge dans la colère ce que les précédents opus sussuraient en sourdine. Cette sensation diffuse que si le pétrole est l’objet de ce chaos, les femmes en sont les vraies proies, les plus précieux trophées, et finalement le remède terminal (« Who killed the world? », sans doute l’une des plus belles répliques de toute la saga). En cela, la plastique diaphane des héroïnes est parfaitement cohérente. Ces déesses sont les captives de l’apocalypse. Les dernières fleurs du désert. Elles sont une manière symbolique de signifier qu’en détruisant la beauté du monde, les hommes l’ont raréfiée. Ils l’ont rendue plus précieuse, plus désirable, pour mieux la soumettre et se l’approprier. Parce que la beauté la plus rare a toujours été un enjeu de pouvoir. Bref, ces femmes bien trop belles sont les contrepoints de l’enfer, elles fonctionnent sur le même principe que les échelles de plans extrêmes chères à Miller: frapper les esprits plutôt que leur parler, donner à ressentir plutôt qu’à comprendre.

Mais il y a surtout cette structure de compresseur à piston. Ce puissant mouvement balistique qui anime tout le métrage. À l’errance hallucinée du premier, à la fuite éperdue du second, cet épisode répond par un mouvement très pur, et à ma connaissance inédit, en forme d’aller-retour. Le film se comprime pendant toute sa première moitié, explose à l’hémistiche dans le hurlement de désespoir de Furiosa (filmée de profil, sans ligne de fuite, comme pour signifier l’impasse géographique), avant de repartir de toutes ses forces dans l’autre sens en renversant tout sur son passage. La beauté de ce mouvement interne, c’est qu’il répond à tout le reste, au scénario comme à la mise en scène, à la dimension symbolique comme cinétique. Il abstrait le métrage en supprimant la possibilité d’un extérieur, le rêve d’un ailleurs, tout ce qui pourrait ressembler à l’espoir d’une fuite. Il ramasse la géographie du monde en une seule et même ligne infinie, en une route sans but ni fin, autrement dit en un cercle de l’enfer dont on ne peut sortir que par un mouvement ascensionnel (le dernier du film). Il agit aussi comme un lien indestructible qui rattache les personnages à leur point de départ, un peu comme tous ces tubes, ces chaînes, ces laisses, ces grappins insécables qui relient les personnages les uns aux autres.

Mais surtout, ce mouvement superposé porte le récit. Il permet de faire converger les enjeux de mise en scène vers un seul et même sujet, ce camion lancé vers le mur de l’horizon, tout en modifiant progressivement sa nature profonde: de proie chassée et vulnérable dans un sens, l’engin devient une sorte de bulldozer infernal dans l’autre. À l’aller comme au retour, il est à la croisée de toutes les lignes de force, sous la menace de toutes les trajectoires, mais quelque chose a changé dans le demi-tour. Hasard si la première partie de la poursuite se joue ostensiblement à l’arrière du camion ? Hasard encore si la seconde se recentre vers l’avant ? Bien sûr que non. De manière imperceptible, sans que le spectateur s’en soit rendu compte, l’action s’est déplacée dans l’espace comme les enjeux dans le temps: pour la première fois dans Mad Max, il ne s’agit plus de survivre en fuyant, mais bien de renaître coûte que coûte.

 

Julien Abadie

Leo Major: le héros que le Québec a oublié

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Léo Major est le héros québécois que le Québec a oublié. Pourtant, on parle du seul Canadien décoré deux fois de la médaille de conduite distinguée. D’un type qui a traversé deux guerres avec un oeil en moins et le dos brisé. Du seul soldat, surtout, à avoir libéré une ville à lui tout seul. Pas mal pour un petit gars de la rue Frontenac. Avec une trajectoire pareille, ce Nick Fury francophone pourrait avoir son film depuis longtemps, sa série sur HBO, sa propre BD peut-être. Mais Léo Major n’est pas Américain, il est Québécois. Et au Québec, à tort ou à raison, les héros de guerre sauvent le monde en sourdine. Le 23 janvier prochain, Léo aurait eu 94 ans.

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Budweiser: coup de pub ou coup de pute ?

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Mais pourquoi diable Budweiser, ce mastodonte de la bière américaine, a-t-il dépensé 9 millions de dollars (!) pour un spot contre la culture des bières artisanales diffusé pendant le Super Bowl?

S’il était dimanche devant le Superbowl, l’amateur de bières artisanales a du avaler ses chicken wings de travers quelque part au milieu du 3e quart temps. Après sa pub à base de chevaux et de bébés labrador, Budweiser a en effet dégainé un spot étrangement offensif.

Le message principal? Budweiser c’est la vraie bière du peuple, pas un truc de hipsters barbus qui dégustent la bière au lieu de la boire. Extraits: «fier d’être une macro», «pas brassée pour jouer les délicats», «faite pour être bue, pas pour être disséquée», «laissez-les siroter leur Pumpkin Peach Ale»… Le tout sur des percussions martiales et monté entre deux caricatures de beer-geeks asociaux. Mais pourquoi diable Budweiser, ce mastodonte de la bière états-uniennene, a-t-il dépensé 9 millions de dollars (!) pour un spot contre la culture micro-brasserie?

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